Calculer sa taille de position sur les futures à partir du risque par trade
Combien de contrats pour un risque donné ? Une méthode en trois étapes, avec les valeurs de tick officielles de ES, MES, NQ et MNQ.
Publié le · 5 min de lecture · Par la rédaction Trading Evolution
Étape 1 : fixer le risque en devise pour ce trade
Le risque par trade se définit d’abord en pourcentage du capital du compte, puis se convertit en un montant fixe. C’est ce montant, et non le pourcentage, qui sert de base au calcul du nombre de contrats.
Ce montant reste le même quel que soit le contrat choisi ensuite : il dépend uniquement du capital disponible et du pourcentage retenu pour ce trade précis. Ce pourcentage se choisit avant d’ouvrir la position, en fonction de la taille du compte et non du contrat envisagé : il reste donc le même repère, qu’il s’agisse ensuite d’un ES, d’un MES, d’un NQ ou d’un MNQ.
Étape 2 : convertir la distance du stop en ticks
La distance entre le point d’entrée prévu et le niveau du stop se mesure en ticks, la plus petite variation de prix autorisée par la bourse pour ce contrat. Sur ES, MES, NQ et MNQ, le tick vaut 0,25 point selon la fiche officielle de CME Group : un stop de 2 points équivaut donc à 8 ticks.
Cette conversion est nécessaire parce que la valeur du tick, elle, est exprimée directement en devise — c’est le pont entre un graphique de prix et un montant de risque.
Étape 3 : diviser le risque par le risque d’un seul contrat
Le risque d’un seul contrat s’obtient en multipliant la distance du stop en ticks par la valeur du tick de ce contrat : 12,50 $ pour le ES, 1,25 $ pour le MES, 5 $ pour le NQ, 0,50 $ pour le MNQ, d’après les fiches officielles de CME Group.
Le nombre de contrats est alors le risque total visé, divisé par le risque d’un seul contrat — arrondi vers le bas. Un arrondi vers le haut ferait dépasser le risque fixé au départ, ce qui annule l’intérêt même du calcul.
Pourquoi le contrat micro change la précision du calcul
Un contrat micro comme le MES ou le MNQ a la même taille de tick que son grand frère, mais une valeur de tick dix fois plus petite. Le résultat : le nombre de contrats obtenu est dix fois plus grand, ce qui permet d’ajuster le risque réel beaucoup plus près du risque visé, surtout sur un compte de taille modeste.
Sur un compte plus important, l’E-mini reste pertinent : il atteint le risque voulu avec un nombre de contrats plus petit, ce qui peut simplifier le suivi d’une position. Le choix entre les deux versions ne change ni la méthode ni les trois étapes décrites plus haut — seule la valeur de tick utilisée à l’étape 3 diffère.
Erreurs fréquentes dans ce calcul
La plus courante consiste à arrondir le nombre de contrats vers le haut « pour ne pas perdre une opportunité » : cela fait mécaniquement dépasser le risque fixé au départ, parfois de façon importante si le risque par contrat est élevé par rapport au risque total visé.
La deuxième erreur fréquente est de recalculer la distance du stop en points plutôt qu’en ticks, puis de la multiplier directement par la valeur du tick sans convertir : sur un contrat où le tick vaut 0,25 point, cela revient à diviser le risque réel par quatre sans s’en rendre compte.
La troisième consiste à changer le pourcentage de risque en cours de trade, après avoir déjà calculé la taille de position : le nombre de contrats doit alors être recalculé entièrement, pas seulement ajusté à la marge. Une quatrième erreur, plus discrète, consiste à réutiliser un nombre de contrats calculé pour un stop donné après avoir déplacé ce stop, sans reprendre le calcul depuis le début : la distance en ticks a changé, donc le risque réel a changé aussi, même si le nombre de contrats reste affiché tel quel sur le relevé de compte.
Ajuster un stop sans recalculer le nombre de contrats
Le nombre de contrats se fixe une seule fois, au moment d’ouvrir la position : il ne se recalcule pas chaque fois que le stop est déplacé ensuite, par exemple pour le ramener au point d’entrée ou pour le faire suivre le prix. Ce qui change dans ce cas, c’est le risque restant sur la position déjà ouverte, pas le nombre de contrats qui la compose.
Le même calcul en trois étapes reste utile pour suivre ce risque restant : nouvelle distance en ticks entre le prix actuel du stop et le prix d’entrée, multipliée par la valeur du tick, puis par le nombre de contrats déjà en position. Ce nouveau montant remplace le risque initial dans le suivi du compte, sans qu’aucun contrat supplémentaire n’ait besoin d’être acheté ou vendu.
Cette distinction compte aussi lors d’un renforcement de position en cours de trade : ajouter des contrats revient à ouvrir une nouvelle position, avec son propre calcul de risque en trois étapes, qui s’ajoute au risque de la position initiale plutôt que de le remplacer.
Une liste de contrôle réutilisable
Avant d’entrer une position, quatre vérifications suffisent : le montant du risque en devise est-il fixé avant de choisir le contrat ? la distance du stop est-elle exprimée dans la bonne unité, ticks ou points, sans mélange des deux ? la valeur du tick utilisée correspond-elle bien au contrat sélectionné, standard ou micro ? et le résultat final est-il arrondi vers le bas ?
Ces quatre points couvrent la quasi-totalité des erreurs observées dans ce calcul, qui viennent presque toujours d’une unité mal convertie plutôt que d’une erreur d’arithmétique. Un cinquième réflexe s’ajoute après un déplacement de stop : le nombre de contrats affiché correspond-il encore au risque réellement recalculé, ou reste-t-il celui de l’entrée initiale ?
Questions fréquentes
Faut-il arrondir le nombre de contrats vers le haut ou vers le bas ?
Toujours vers le bas. Arrondir vers le haut ferait dépasser le risque fixé au départ ; si le résultat tombe à 0, le stop est trop large pour ce contrat et ce risque, ou un contrat micro convient mieux.
Le calcul change-t-il selon le contrat choisi ?
Seule la valeur du tick change d’un contrat à l’autre ; la méthode en trois étapes reste identique, que ce soit sur un ES, un MES, un NQ ou un MNQ.
Pourquoi utiliser un contrat micro plutôt qu’un contrat standard ?
Parce que sa valeur de tick, dix fois plus petite, permet d’obtenir un nombre de contrats dix fois plus élevé pour le même risque, donc un ajustement plus fin — utile en particulier sur un compte de taille modeste.
Ce calcul tient-il compte des frais de courtage ?
Non : il porte uniquement sur le risque lié au mouvement de prix entre l’entrée et le stop. Les commissions et le glissement d’exécution s’ajoutent séparément et augmentent le risque réel au-delà de ce montant.
Sources
- E-mini S&P 500 (ES) — CME Group
- Micro E-mini S&P 500 (MES) — CME Group
- E-mini Nasdaq-100 (NQ) — CME Group
- Micro E-mini Nasdaq-100 (MNQ) — CME Group
Contenu éducatif, sans conseil en investissement. Le trading de futures comporte un risque de perte en capital qui peut dépasser la mise initiale. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avertissement sur les risques